Vous ne trouvez pas ça curieux qu’un si grand nombre de produits contient de l’huile de palme tandis que nous, commun des mortels, n’avons jamais cuisiné cet ingrédient ? Moi, je trouve ça bizarre. L’huile de palme, c’est partout et je n’ai pourtant aucune idée de ce que ça goûte. Ah non, je me souviens, cette huile a un gout amer…

Pourquoi me dérange-t-elle soudainement?

Même si cette huile m’a toujours dérangée, c’est un message récent de Rainforest Action Network qui m’a fait réaliser à quel point je la déteste (je pèse mes mots). Cela peut sembler un peu enfantin, mais ma prise de conscience a découlé du fait que ces plantations, en plus de nuire aux orangs-outans, mettent en péril la vie des pangolins, un de mes animaux favoris. Évidemment, le pangolin n’est pas le plus important dans l’histoire : la diversité tout entière est à protéger. Cependant, l’attachement émotif que j’ai envers cette espèce m’a réveillée et je suis désormais motivée à bannir l’huile de palme de ma vie. Avec de la chance, à vous inspirer à faire de même aussi. Cette vidéo peut-être vous fera mieux comprendre ce besoin de stopper ce fléau.

Depuis quand cette sournoise huile s’est infiltrée dans notre quotidien?

Son exploitation massive a débuté autour de 1998 et elle a beaucoup grandi depuis. Aujourd’hui, c’est 130 000 tonnes d’huile de palme qui sont introduites dans les produits transformés français uniquement. Les industriels en raffolent, car elle est peu coûteuse, croustillante, moelleuse, neutre en goût et bonne pour la conservation. Les nutritionnistes et les écologistes un peu moins…

Ce qu’en pensent les nutritionnistes

Tout d’abord, s’il vous arrive de lire des listes d’ingrédients quelconques, vous avez sûrement remarqué deux appellations : l’huile de palme et l’huile de palmiste. La nuance est que le premier vient de la chair et le second du noyau du fruit du palmier. Si le fruit est bon pour la santé, ces huiles que l’on consomme ne le sont qu’à moitié. En effet, elles sont présentes sous formes raffinées, donc elles sont dénudées de tous leurs nutriments. Adieu bêtacarotène ! Au stade où elles sont rendues lorsque on nous les vend, elles sont presque équivalentes à de la graisse animale, c’est-à-dire sous forme de graisse saturée qui bloque les artères. De plus, comme l’adage du nutritionniste le dit, la diversité est la solution gagnante. Cependant, on nous sert de plus en plus d’huile de palme et de moins en moins des autres.

Ce qu’en pensent les écologistes

Ils en pensent du mal, bien sûr. Des forêts millénaires sont rasées pour des monocultures non durables. Même les productions d’huile de palme durables sont des leurres! Le RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) a des standards très bas et des contrôles déficients, ce qui fait que les plantations durables sont, entre autres, remplies de pesticides hautement toxiques dont le gramoxone, herbicide interdit dans plusieurs pays occidentaux comme la France ou les États-Unis. En plus, les conditions de vie des travailleurs sont loin d’être équitables ou même sécuritaires.

Les alternatives à l’huile de palme

Dernièrement, l’huile de colza et l’huile de tournesol remplacent parfois l’huile de palme dans les procédés industriels. Cependant, le secteur de l’huile de palme, avec sa valeur de 32 milliards d’euros, est loin d’être détrôné. Il reste qu’il faut la pression des consommateurs pour réellement changer les choses et cela passe par le boycott. C’est donc ce que je propose.

Pour protéger la planète, plusieurs optent pour le végétalisme. Plusieurs autres s’y opposent sous prétexte qu’ils aiment trop le fromage, la viande, les œufs, etc. Je leur accorde ce point, il est difficile de se priver d’aliments dont on adore le goût. Cependant, l’huile de palme, ça ne goûte rien, ça ne devrait pas être si difficile de s’en passer ?

Passer à l’action

Psychologiquement parlant, oui, sûrement. Néanmoins, il est vrai que l’huile de palme est très présente… dans les produits transformés ! Alors si se détourner de cette huile signifie se détourner de ceux-ci, c’est décidément gagnant pour la santé et pour le portefeuille. Il faut seulement prendre son courage à deux mains, car le retour à la cuisine est inévitable. Je vous promets, on s’habitue, voire on apprend à aimer ça!

Si certains de vos aliments fétiches contiennent de l’huile de palme, ne vous inquiétez pas. L’internet vous couvre. Si l’on prend l’exemple des alternatives au Nutella, les exemples pullulent : il y a le Newtella aux haricots noirs pour ceux qui veulent oser, le Nutella pour les crudivores ou bien encore le  Nutella composé de 4 ingrédients seulement pour ne pas se prendre la tête, la liste est encore longue. Personnellement, le seul aliment que j’achetais encore et qui contient de l’huile de palme dernièrement était la margarine végétale. J’ai remédié à la situation avec cette recette de Fork And Beans.

Les limites de la démarche

Adrien Gontier, blogueur français, a décidé en 2011 de vivre un an sans huile de palme et a partagé son expérience sur son site personnel. Il a rapidement découvert que ce défi était plus difficile qu’il ne le croyait. Il a constaté durant cette année que l’huile de palme était un peu partout : bien sûr, dans les aliments, mais aussi dans les produits ménagers et même dans le carburant. Niveau produits ménagers, ce n’est pas surprenant étant donné que c’est l’industrie du savon qui a fait démarrer l’engouement européen au 19e siècle.  Pour en revenir au jeune Français, pour lui, ce n’était pas si ardu de débusquer les dérivés de l’huile de palme ça et là : Adrien préparait alors sa maîtrise en chimie. Pour nous autres, individus non scientifiques, l’affaire peut être un peu plus problématique. Heureusement, le blogue du jeune homme est rempli de liste de produits pour nous aider à nous retrouver là-dedans.

Pour les produits ménagers

Sans prétendre réussir à éliminer toute l’huile de palme dans ce secteur, j’essaie de porter attention à ce que j’achète. Plutôt que d’essayer de repérer les dérivés du palmier, je me concentre sur des marques dont je suis certaine de la non-utilisation de l’ingrédient. La célèbre marque Lush l’a notamment banni de ces produits, donc leurs savons s’avèrent une source sûre. Également, la savonnerie québécoise La diligence offre des savons sans huile de palme et pleins de promesses écologiques et sociales (ils sont super beaux en plus!)

En conclusion

Cependant, ma démarche propre est celle de l’élimination de l’huile de palme principalement dans mon alimentation, car c’est un objectif possiblement réalisable. C’est également celle que j’encourage pour la même raison. Étant donné que l’huile de palme nuit sur le plan écologique, éthique, nutritif et économique, je trouve que le jeu en vaut la chandelle. Cependant, si les changements sont simples pour bannir l’huile orangée de mes produits ménagers, je vais évidemment faire la transition!

À ce sujet, le documentaire de France 5, Palme, une huile qui fait tache résume bien la polémique en une cinquante de minutes. Du côté des livres, l’ouvrage de Emmanuelle Grundmann intitulé Un fléau si rentable : vérités et mensonges sur l’huile de palme est également très intéressant. Je me suis basée sur ces deux sources pour étoffer cet article.

Je vous laisse sur cette image de pangolin, créature innocente qui mérite d’être protégée. Pourquoi ne pas en adopter un symboliquement et encourager sa préservation ?


Que pensez-vous de l’huile de palme ? Êtes-vous intéressés à réduire votre consommation de celle-ci? Voici une idée de résolution originale pour rendre 2017 un peu plus vert que l’an dernier! N’hésitez pas à partager vos avancées écolos, véganes et minimalistes sur les réseaux sociaux avec le hashtag #revolutionnairechezsoi !


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